Gastro..?

Gastro..?

Dimanche, 2h30.
Visiblement sur le qui-vive (d’habitude le monde peut s’écrouler, à travers mes boules quiès rien ne passe, je dors profondément), cette fois le petit bout, je l’ai entendu appeler.
Il est brûlant. Je fonce sur le doliprane, je lui fais couler un bain, je prends sa température. 40°C.
Tout va bien, je gère, je suis calme.
Affolé il ne veut pas être dans l’eau, je me déshabille à mon tour et prends le bain avec lui. Ça le rassure, on joue doucement, ce gamin est un amour.

On le sort du bain. 38°, on souffle.
Cinq minutes plus tard, 39°7.
Et c’est quand on n’a plus rien à tenter pour agir, que l’angoisse monte.
Je me sens mauvaise mère, la grippe traverse mes pensées au galop, mais je gère mon angoisse : je n’appelle pas sos médecin.

Ce matin, 39,4, vomit deux fois.
Il allait mieux, jouait, pleurait pas mal, jouait, le tout greffé à moi (sa fièvre est devenue une extension de moi-même. Je ne sais plus si je suis fiévreuse ou non, je suis en manque de sommeil c’est ma seule certitude).

Et puis là ça vient de remonter.
Tellement que j’ai préféré ne pas savoir. Je l’ai endormi en le berçant très doucement, son front brûlant ma joue.

Rien à dire

Rien à dire

Je ne sais pas quoi vous dire.

Les mots parfois devant être silence, je ne sais pas ce qu’il me reste. Je ne peux rien pour votre désir de me voir et me parler, je ne peux rien contre votre volonté de lui rester fidèle. Je me sens prisonnière, mise en cage. Espionnée à travers mes barreaux. Il me faut un énorme travail sur moi-même, à chaque fois, pour admettre que c’est vous, qui êtes derrière ces barreaux. Que je suis libre. Que ma liberté à ce prix de m’éloigner des images que j’ai encore de vous, de ces souvenirs d’amour et de bonheurs. Et que si retour il devait y avoir, rien non ne serait plus
ainsi.
Je suis passée par tant de déceptions, de trahisons de votre part, pourquoi reviendrais-je sous un bâton qui se veut amour et qui blesse par tant de maladresse et de bêtise ? Oui trahie je le suis, mais je ne vous en veux pas. Peut-être pour tout ce que vous m’avez apportez dans l’enfance et dont je vous suis reconnaissante, peut-être pour tout cet amour que j’ai encore en moi et que je ne peux plus donner, mais je n’ai pas de rancœur envers vous. Juste une grande détresse. Depuis deux semaines, je suis retombée dans l’angoisse. Depuis votre lettre, ta lettre puisque toi seule a pris la plume. Une lettre si vide, si pleine de ces silences de toutes ces années, que je ne sais pas quoi répondre. Je ne peux rien dire qui ne fera le tour de la toile d’araignée qu’est
cette famille, alors plutôt que de répondre par du vide, je tourne en rond et me tais.
Et me ronge. C’est là le nœud du problème. Je voudrais vous dire que j’ai un fils, merveilleux, qui grandit, qui ferait votre fierté. Que je me suis mise à la couture, avec succès. Que j’ai un mari formidable.
Et je dois tout laisser dans le silence, pour ne pas me blesser, ne pas mourir sous sa noirceur à elle. Elle est peut-être de votre sang, mais elle est noire, méchante, menteuse. Le psy a dit, psychotique. Et parce que je veux vivre, sourire, respirer, je m’éloigne de vous, si sombres, enfermés. Nous sommes si différents..

Si vous saviez ma détresse de ne pouvoir vous parler.. je garde en moi ceux que vous étiez, que vous avez été pour moi, que vous n’avez peut-être jamais vraiment été mais quelle importance.., et cela me fait mal, si mal de ne pouvoir vous présenter à mon fils.

Je ne peux vous dire cela sans qu’elle le sache. Plus important encore, je ne peux vous le dire sans vous blesser, et cela serait tellement, tellement inutile de vous faire du mal..

Alors je vais retourner à mon silence, à cette page blanche que je pourrais vous envoyer mais qui vous serait incompréhensible. Je vais continuer à tourner autour de mes mots, et vous sans doute, à m’attendre.

Chat perché

Chat perché

Mon état émotionnel étant ce qu’il est, je n’ai pas très bien accueillie ma nouvelle pensionnaire. Son ancienne propriétaire, qui me faisait une surprise de taille, attendait visiblement des cris de joie et des sauts jusqu’au plafond, au lieu de quoi j’ai fondu en larmes. Et si mon fils, inquiet, n’avait pas tenté de me consoler, j’aurais pu pleurer longtemps..

Je le sais, je ne sais pas recevoir les cadeaux. Je sais en faire, je suis capable de les préparer des mois à l’avance sans rien dire, mais recevoir m’a toujours fait flipper. <em>Je
remercie ma maman, le père-noël, le père fouettard, ..</em>

Avec la vieille dame, on se regarde. Comme pour les deux précédentes, on apprend à se connaitre avant de trop s’approcher l’une de l’autre. Elle a l’air très gentille, mais elle m’intimide. Un peu. Moins que la première, plus que la seconde.
Mon fils, qui n’avait pas fait un tel accueil aux précédentes, a cherché à monter sur la table pour l’approcher ; il a fallu l’enlever plusieurs fois. Oui, de la table, mon fils crapahute partout, même sur les toboggans des grands qui me dépassent en taille. Il fonce plus que moi, et avoir moins peur que moi n’est pas chose difficile, merci je sais.

Mais reparlons de la bête.
J’ai commencé à l’apprivoiser, et même sans mode d’emploi j’ai fini par comprendre la plupart des choses qui la concernent et qu’elle n’a pas voulu me dire elle-même. Elle est tellement vieille que j’ai du tâtonner pour comprendre comment elle marchait en arrière, comment la faire jouer avec un fil, pourquoi elle s’arrêtait d’un coup comme si elle était vexée, pourquoi elle cassait son jouet sans prévenir, et surtout, surtout, comprendre qu’elle ne mangeait pas n’importe quoi.
Madame est difficile, je vais devoir lui acheter une ou deux boites rien que pour elle, si la marque existe encore. Je l’espère sinon ma vie va être bien compliquée ! Mais mise à part ça, je sens que toutes les deux, on va se plaire.

La vieillesse octroie des privilèges, je la bichonne, ma nouvelle machine à coudre.