Notre mariage

Notre mariage

On dit souvent que ça doit être le plus beau jour de sa vie. On est souvent un imbécile, mais en l’occurrence ce fut une journée magique. Et malgré mon ancienne patronne, malgré la perte de mon boulot, malgré les démarches administratives épuisantes pour trouver quelqu’un qui veuille bien écouter et nous conseiller juridiquement, j’ai réussi, le jour J, à ne penser à rien d’autre et à m’approprier mon mariage. Je regrette d’en avoir été dépossédée les jours qui l’ont précédé. De m’être laissée bouffée par l’angoisse. Qui revient un petit peu d’ailleurs ^^’
Je regrette également que certaines personnes ne se soient pas données la peine de me dire qu’ils ne pourraient pas venir. Pour d’autres de ne pas avoir assumé qu’ils allaient de préférence à la gay pride (et oui, nous avons merdé et en sommes désolés :/). Je ne me vexe pas, je suis déçue. Simplement. Un petit mot ne coute rien et avec lui on peut tout accepter et comprendre. Les grandes instants de vie comme ça, sont toujours des occasions de tourner la page sur des gens. Par contre, à un couple prêt, toutes les personnes les plus importantes de ma vie étaient là le soir, les autres ne m’ont pas manquées et ça veut tout dire..

Un petit mais sur ce qui vient d’être dit plus haut : un couple venant de se séparer je ne m’attendais pas à voir l’un ou l’autre. Lui s’est déplacé, est finalement même venu le soir et j’en ai été ravie. Elle ne m’a pas prévenue qu’elle ne viendrait pas mais il est évident que là, je n’ai pas eu même une pensée contre elle et je l’ai laissé dire, ce jeune homme blessé, que tout de même, elle aurait pu venir. Je comprends les deux et ne peux que sourire tristement.

C’est Am. qui a attrapé mon bouquet de fleurs lorsque je l’ai lancé (encore que « bousculé, mordu ou agressé » pour l’avoir serait plus approprié ^^), ce magnifique bouquet cueillis dans les champs par ma meilleure amie/sœur/belle-sœur/témoin (et grâce à la participation du véhicule de Sb). Am. qui justement, a privilégié notre mariage à la gaypride, alors que je sais toute l’importance que ça a pour elle. Qui nous a amené sa bonne humeur, sa gentillesse, ses pieds dans le plat, sa solitude, ses sourires. J’ai beaucoup de tendresse pour cette jeune femme que je voudrais un jour voir bien.

Le témoin de mon époux et sa demoiselle venus et repartis le soir même avec pas mal de route à faire ; une demoiselle très en beauté avec qui je n’ai guère eu le temps de discuter cette fois.

Cé, venue de Belgique. Juste pour nous. Que j’ai découverte après 6 années de mails, msn et téléphone. Un peu sophistiquée et tellement marrante. Heureuse de l’avoir reçue parmi nous.

O qui n’avait pas sa place. Mais que mon inconscient a dû inviter pour lui dire « tu vois je suis heureuse malgré ce que tu as fait« , car il me faut bien essayer de comprendre pourquoi j’ai fait ça et je ne vois rien d’autre. O qui a bien failli me mettre en colère quand j’ai appris ce qu’elle a fait samedi à Rn. Elle ne sait pas l’humilité. Elle ne sait pas s’arrêter. Elle sait trouver les failles et s’en servir. C’était une boulette mais c’est la seule que j’ai faite et finalement tout s’est bien passé même si j’ai eu un peu de mal parfois à l’écouter. Sans repenser au passé pas si lointain où j’avais une autre vie. Et où elle avait merdé de la même manière.

Em. Si belle. Qui ne le sait pas. Qui s’efface quand le trop plein de monde l’effraye et qui se rouvre quand elle se sent en confiance. Qui n’a pas pu danser à cause de son pied mais qui a discuté avec beaucoup de gens. Qui venait de loin elle aussi. Elle m’a coiffé avec l’aide de Blanche, ma peinturluré les pieds, m’a brûlé l’oreille avec le fer (^^’).. bref j’étais toute belle grâce à elles deux (Blanche s’est contentée de me donner des coups dans le genou, de me marcher sur le pied et de me tirer les cheveux en défaisant la coiffure :p Je suis torturée par mes amis :p ). Elle m’a mis dans les cheveux l’objet emprunté de la tradition, la seule que je voulais suivre. Et mis au poignet le vieux. Un grand, grand merci.

Stl, accourue après son boulot et arrivée à l’heure par un joli miracle, avec tous ses sourires, sa bonne humeur, sa gentillesse.. qui bien sûr n’était là que pour ma tarte au citron 😉 Son superbe bouquet traine dans notre salon.

D’anciens collègues dont je tairais les noms. Eux pour une fois tellement à leur place, sans remarques, qui ne m’ont pas fait peser un « tu vois on n’est pas à la gaypride » avec un reproche à la clé dont ils ont le secret. J’ai apprécié. On devrait pouvoir, maintenant qu’on ne se tapera plus au boulot, récupérer un petit peu de notre ancienne amitié qui s’était effritée. Et puis elle, plus calme depuis qu’elle sait que de son blog rien n’a filtré. Libération de l’amitié, et ce pour tous je crois.

Sb et Ma enfin ensemble. Cela fait deux mois, je l’ai appris samedi et j’étais tellement heureuse pour eux.. Sb s’ouvre, sourit, s’apaise. Il m’a pris dans ses bras souvent, ce qu’il ne faisait jamais avant. On le sent stressé avec le petit monstre sur pattes de Ma, ça se tassera. Je comprends l’appréhension d’une certaine personne, je reste sereine. Chacun apportera à l’autre ce dont il a besoin et l’enfant est loin d’être seul au monde, il est bien entouré. Les crises de l’un et les inquiétudes de l’autre, tout se fera en son temps.. Sb et Ma qui avaient chacun cuisiné quelque chose que je n’ai pas eu le temps de gouter 🙁 Je regrette par contre qu’un jeune homme se soit blessé sur ce joli petit couple.. l’amour, l’amour.. que de joies et de douleurs..

Nous avons eu notre mitraillette, venu lui aussi d’assez loin exprès pour nous, et dont j’attends avec impatience les photos. Sa gentillesse, sa générosité nous ont beaucoup touché et je regrette simplement la distance kilométrique qui fait que je ne le vois guère souvent.

Mes deux tourtereaux blessés par la vie, surtout elle.. venus en voiture du pacifique et que je n’avais jamais rencontré encore. J’ai été heureuse de l’avoir vue doucement en fin de soirée s’intégrer grâce à des personnes venues leur parler, heureuse de l’avoir vue doucement moins paniquer, s’apaiser. Qu’elle serait belle si on ne ressentait pas autant sa peur et son mal-être.. Beaucoup de tendresse pour eux aussi, infinie.

Toute la petite famille présente, que j’aime tant. Y avec qui je me suis retapée toute la musique à la suite d’un bug informatique (pour ça que la soirée a commencé tard), sa petite amie dont j’ai fait la connaissance et qui est adorable, la petite soeur magnifique avec ces longs cheveux.. Les parents qui m’ont tant touchée, tellement acceptée parmi eux depuis longtemps, qui nous ont accueillis dans leur maison en cette occasion.. La maman, qui m’a fait ma robe et mon petit sac..

Rn tellement aux petits soins que nous ne savons plus quoi faire pour pouvoir rendre un centième de ce qu’il nous offre. Le moment où nous avons dansé ensemble reste gravé par sa légèreté et l’attention dans les mouvements de l’autre. Plus q’un ami, je ne peux rien mettre en mots. Pardon pour ce silence qui l’entoure ici alors que je l’aime tant..

Blanche et son homme. Blanche qui m’a un jour prêté son frère. Et que j’ai jalousement gardé. Là aussi les mots s’absentent mais chacun sait désormais la place qu’ils tiennent dans ma vie et mon cœur.

D’autres encore dont la venue et les gestes nous ont tellement touchées.

Tout s’est bien passé.

Mon témoin était pied nu, j’avais sur les miens des ampoules. J’aurais dû en faire autant et ne pas m’embarrasser avec des choses en cuir et en bois pour me torturer !Certains sont partis tôt et n’ont pas pu voir/ressentir cette soirée telle qu’elle a été jusqu’à la pointe finale. Jamais de ma vie, je n’ai été libre ainsi. Très peu ont dansé, tous ont discuté, j’ai surtout dansé et discuté un peu. J’avais besoin de m’évader par la musique, de ressentir toute ma liberté dernièrement obtenue. Je ne savais pas que le mariage pouvait enchainer et libérer en même temps, je sais en tout cas que mon départ imprévu du travail y est pour beaucoup. Aurais-je symboliser une rupture familiale par le travail ?

Différences

Différences

Je m’inquiète. Je stresse. M’énerve.

De ces différences qui font que parfois les conversations s’éternisent en quelque chose qui devient vite incompréhensible. De ces réflexions où le cerveau n’est pas rapide. De cet autre qui n’existe pas. Plus. Jamais. Fin de l’histoire.

Au départ j’ai essayé. Promis. Les différences, ça ajoute du piment. Et puis il faut bien admettre que personne ne ressemble à quelqu’un d’autre. On est unique. Mais parfois, on pleure tellement ce qu’on a aimé, connu, souhaité, ce qui faisait la spécificité de cet amour solide qu’on partageait, qu’ensuite.. c’est l’horreur. Une vraie déchéance. Alors quand je ne le comprenais pas, je fuyais. Je me suis exilée dans un ailleurs où il n’accèdait pas, pour ne pas voir qu’on ne se comprenait pas. Et que j’en aimais un autre qui n’était plus. Qu’il ne serait pas. Plus. Jamais. Fin de ce nous.

Un jour j’ai fui. Promis. C’était mieux ainsi. On se voyait moins. Mais il ne comprenait pas, il s’obstinait, il cherchait ma présence, m’envahissait. De plus en plus. Il me suivait dans chaque pièce, tournait autour de moi, utilisait mes affaires, voulait toujours m’aider à quelque chose. C’était gentil. C’était exaspérant. C’était à hurler. Je lui ai dit d’arrêter. Il a essayé. Mais il m’aimait, il disait.

Alors un jour, je l’ai frappé. Juste une fois. En pleine tête. Ça m’a fait du bien. A lui aussi car il a fermé les yeux.

C’est comme ça, que je suis allée à mon deuxième enterrement.