Un léger retard

nuages ciel sombre retard
A défaut de neige, un ciel étonnant de caractère
 


 

Dimanche 29, nuit
La neige s’est laissée fondre une nuit de soudaine chaleur : -8° en début de soirée, +5° au petit matin, il n’y avait rien à résister. Mes envies intenses de photographies se sont heurtées à la dure réalité météorologique. J’aurais volontiers trainé mon épuisement dans la montagne pour photographier d’immenses paysages blancs, j’ai été bien déçue… Nous n’avions que ce dimanche pour cela, un dimanche un brin chaleureux, LeChat travaillant toute la semaine et tout le week-end précédent, nous sommes passé durablement à côté des centimètres de neige magnifiquement accumulés.
Au moins les enfants ont-ils pu jouer en pleine campagne, eux que le grand froid avait tenu relativement à distance du dehors. Enfin j’insiste, relativement, ils allaient tout de même souvent se geler les orteils et les mains dans le jardin, s’amusant à faire prendre dans la glace des dinosaures : ils revisitaient l’air glaciaire.
Je ne me plains bien sûr pas, ou alors pas vraiment, il ne s’agit que de ma fibre artistique, celle qui avait beaucoup à exprimer. Je suis soulagée, essentiellement soulagée de voir revenir enfin un semblant de douceur. En avoir terminé avec la vague de froid scandinave est un émerveillement.

J’ai stoppé le décontractant musculaire, je ne sais pas si j’ai eu raison. La mâchoire fait moins mal même elle est encore un peu trop serrée au réveil. Mes mains se tétanisent sur une bouteille, une casserole, un tissu. C’est douloureux, une main qui accepte de se rouvrir. Elle souffre durant plusieurs heures lorsque ce n’est pas davantage. Cet hiver, malgré son droit total à l’existence, m’aura couté bien cher. Le Canada, pourtant à -19°C, ne m’avait pas été aussi pénible : plus sec, sans doute. Un autre froid, je pourrais dire ; après tout, ils ont bien un autre ciel, plus arrondi, que je ne m’explique pas mais qui donne la sensation de vivre ailleurs, pleinement ailleurs, alors un autre froid évidemment.

Une allergie m’est arrivée sans que je m’en aperçoive, dans une sorte de retard de la perception. Je me suis pensée enrhumée, diablement enrhumée –une année de rhume, on peut bien y loger le diable. Si je ne me suis rendue compte de rien alors que je connais bien les rhinites allergiques, c’est que celle-ci a pris une tournure particulière : elle m’a bouchée le nez. Je veux dire physiquement, je sentais comme un clapet, comme quelque chose de déplacé au milieu du visage. Je me souviens avoir même demandé au médecin –celle qui écoute un peu moins– s’il pouvait y avoir un lien avec les xanthomes sous les yeux tant je sentais la gêne proche de l’apparition de la tâche. Elle m’assurait que non, et moi je voulais bien la croire mais tout de même, quelque chose n’allait pas… Et j’ai laissé trainer, je n’avais pris aucun coup en plein visage pouvant justifier la sensation et je n’en ai plus parlé, j’ai conservé ma gêne, le clapet qui empêchait l’air de circuler obligeant la respiration par la bouche. Purement gênant, lorsqu’on vit d’oxygène. Avec le recul, je pense qu’une grande partie de ma terrible crise de cet hiver provient de cet oxygène qui peinait à me parvenir. Je ne sais pas pourquoi j’ai soudain craqué, pourquoi maintenant et non avant, parce que tout de même, une année, moi qui ne suis habituellement pas patiente, j’ai vraiment laissé trainer. Comme tout ce qui a trait au médical, sans doute. Mais cette fois je suis allée sur internet, je ne voulais pas du médecin ou en tout cas pas sans de plus amples informations. J’ai eu raison, je pense que sinon tout aurait encore pris de l’ampleur, du temps, de l’énergie. J’ai découvert que des allergies précises pouvaient provoquer cette gêne bien particulière d’étouffement, comme le chocolat, le kiwi et le soja – les trois qui pouvaient me concerner. Il semblerait que le chocolat soit l’élu, ses composants de fabrication plus certainement. J’ai stoppé sa consommation sans état d’âme, pour l’instant je ne suis pas dans le manque, j’ai une autre came : l’air.
[Après une journée supplémentaire de test, la lécithine de soja ou le lait, peuvent être en cause.]

 
 

2 thoughts on “Un léger retard

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