Mille fois ne rien dire

J’ai pensé mille fois revenir, j’ai lâché mille fois le clavier, et puis finalement.. je vais essayer de reprendre le fil de tout ce que j’ai abandonné. Même si je ne sais pas encore comment procéder.
Je suis partie pour un ailleurs sympathique, où parfois j’ai même des réponses posées sous mes mots. Où surtout, je n’y connaissais personne. Je voulais m’y sentir plus à ma place puisqu’entourée de personnes particulières, pour en réalité m’y sentir comme partout, très décalée et en solitude. J’y reste, mais je reviens aussi. Sans possibilité de réponses pour vous puisqu’ici je peux les fermer. Non que vous soyez embêtants bien au contraire, j’ai simplement besoin de silence. De me retrouver entre moi et moi. De recoller ce qui s’est brisé vies après vies.
J’ai arrêté puis repris les anti-dépresseurs.
J’ai été emmenée aux urgences pour des cailloux à vous faire regretter d’être né.
J’ai été malade ; j’ai perdu l’odorat et le goût, j’ai toussé, j’ai dormi mille heures et je suis toujours fatiguée. Je me relève doucement, je n’ai toujours pas repris le travail et ne me promène plus, les jambes trop vite épuisées. Le plus étonnant, bien qu’il m’arrive encore de tousser, est que j’ai été peu malade, je n’ai même pas dépassé 38° de fièvre. Pas de quoi fouetter un virus.
J’ai eu une belle-mère. J’ai toujours une belle-mère. Ce n’est pas facile une belle-mère, même gentille, surtout si elle est pleine de remarques piquantes.
J’ai eu une idée. Du style à refuser de se décrocher. L’idée s’est imposée suite à l’arrivée percutante d’un cousin (ici), d’un frère (là-bas) inconnu ; il vient de naitre pour ma belle-famille, il a cinquante-cinq ans et se découvre une famille après avoir été adopté. L’idée s’est imposée comme toutes les idées, j’ai pensé qu’elle était terriblement mauvaise alors j’ai acheté un kit ADN, ;je cherche les ennuis et ne trouverai sans doute aucune réponse. Je devrais le recevoir bientôt et je pourrai croiser les doigts sur un maigre espoir.

De tout cela et bien plus encore, je peux dire avoir eu une vie occupée ces derniers mois, beaucoup de tristesse, de difficultés, d’angoisses. Il est difficile de ne pas avoir de chez soi, d’intimité. De vivre dans sa belle-famille et de partager un espace restreint par les changements d’humeur de BM. Je fais de mon mieux mais m’effondre régulièrement.
Nous attendons la réponse pour le prêt d’ici la semaine prochaine. Pour autant les fondations sont coulées et les factures tombent comme la pluie en automne. On peut donc y voir un avancement dans le projet.

Alors.. voilà. Me revoici avec tout et rien à dire de ce qu’il y a en moi, tout parce que je voudrais sortir mille souffrances et bonheurs, rien parce que.. je censure. Le temps de ré-apprivoiser le lieu, sans doute.

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** Un article : Une fleur qui change de couleur pour ne pas être cueillie.

** Une musique : Akvaryum – Gevende

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