Ce qui est. Accepter ce qui

J’en suis encore à sauver les apparences. Je suis incontestablement stupide d’agir ainsi, je suppose qu’il y a derrière une difficulté à accepter exactement ce qu’il m’arrive.. je ne suis pas prête. J’ai beaucoup d’excuses à vouloir vivre pleinement, dans ma tête elles fusent. Il me suffit de me reposer ensuite, il suffit de changer d’oreiller, il suffit d’augmenter l’oxygène, il suffit de serrer les dents, il suffit il suffit il suffit, à moi toute seule j’ai trouvé mieux que les yaka.
La douleur – une vague – dans mon épaule gauche – une vague interminable – me bloque – un rouleau de vagues interminable – de plus en plus dans les mouvements – et le fracas contre la roche -, je souffre pourtant je continue de passer l’aspirateur, vider le lave-vaisselle, porter mes sacs de légumes et fruits le mercredi. Parce que c’est déjà assez difficile comme ça avec mes beaux-parents. Alors, la noyade.
Je vais à la médiathèque, où l’on ne peut plus s’asseoir nulle part depuis qu’un virus sait s’asseoir – on sous-estime tellement leur intelligence – et je m’y épuise douloureusement, il me faudrait le fauteuil ce qui reviendrait à me rendre entièrement dépendante de LeChat et je me connais, je n’arriverais plus à me laisser le temps de choisir un livre ou un autre.
Ce matin nous avons chacun accompagné un enfant (puis l’autre) pour les achats de noël qu’ils veulent offrir, j’en suis ressortie tellement proche du malaise, je ne tenais plus debout, j’ai laissé mon mari payer et je suis allée m’asseoir dans la voiture. Les yeux fermés, je n’avais même pas la force de pleurer. Il m’aurait fallu le fauteuil pour survivre, et avec tout ce monde ça aurait été très éprouvant.

Cette année, je décline. Les confinements ne m’ont pas aidée, le travail non plus (lui il était là pour ma survie émotionnelle), et enfin tomber malade comme ça d’un virus vous clouant sur le lit comme si plus jamais vous ne pouviez en sortir, vraiment, c’est terrible. Je ne me remets pas. L’impression que mon énergie s’est enfuie, qu’elle n’est plus là, que je ne peux plus rien faire. L’énergie peut-elle mourir ?

Ceci dit, cela m’oblige à trouver des astuces pour un peu tout. Comme pour les cookies, je n’ai plus la force de faire des tas avec la cuillère et puis d’aplatir, c’est si long à préparer sur la plaque.. À la va vite je fais un boudin de la pâte et je découpe au couteau. J’ai eu l’idée comme ça, c’est très rapide et surtout bien moins énergivore. Plus de cookies sans couteau.

Et puis ce matin assez tôt, j’ai photographié quelques gouttes d’eau gelées sur les plantes. Je n’avais plus rien pris en photo depuis si longtemps, j’ai ignoré la douleur. Elle est fort peu lumineuse, il va me falloir du temps là aussi pour réapprendre mon appareil, dirait-on..

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une nuit seule, a gelé le mouvement