En finir avec l’ère des chagrins

وقفت وما في الموت شك لواقف
كأنك في جفن الردى وهو نائم

« Debout face à une mort certaine,
Comme sous la paupière d’un néant qui sommeille
 »
Al-Mutanabbî


Je me traine une tristesse infinie. Indéfinissable, aussi. Je veux dire.. tu le savais toi, qu’on pouvait quitter un ami sans lui dire je t’aime – i like you – sans saisir les fondements de la-dite amitié, sans cerner les contours de ce qui appartenait aux uns aux autres, qu’il y avait trop de monde au milieu de nous, des fantômes aussi, que je ne sais plus qui je suis moi là-dedans et que partir-souffrir-souffler cela pouvait être la même énergie vitale ? J’ai de la peine soulagée, une impuissance folle devant ce qui fut, aussi. Est-ce qu’on peut quitter assez longtemps – est-ce qu’on peut quitter assez loin.
Je m’éloigne de lui. Je remonte de lui. Lenteur extrême que de retourner en pensées sur quinze années et n’en rien saisir de réel. Qui suis-je, alors. Et pire peut-être qui est-il, qui êtes-vous. Qu’offrez-vous à l’autre, vous, tous, chacun. Quel visage, quel intérieur, quelle profondeur. Quel désir de continuer à vivre transmets-tu ? Parce qu’il s’agit de cela, de cette finesse, de cette présence avant la mort incontournable, d’accompagner nos respirations, de s’ancrer aux coté de l’autre.
Quel ami es-tu ?

Avec cette lenteur devenue mienne ces temps, je libère l’énergie retenue par la détresse de ce qui n’existait pas, n’avais jamais existé, peut-être. Je me lance depuis l’exil puisque le trop proche déraille. Je me décale pour enfin attraper un peu de réel et légèreté, de la douceur aussi. Surtout.

 

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flou

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